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Muse Abuse
Muse, c'est une basse, une batterie, une voix qui fait aussi piano et guitare.
Chacun des 3 membres - Chris Wolstenholme, Dominic Howard et Matthew Bellamy respectivement - est multi-instrumentiste et capable de chanter : prenons-les dans l'ordre en gardant le meilleur pour la fin.
Chris : bassiste aujourd'hui, il a commencé par la guitare (passionément), puis s'est mis à la batterie (avec curiosité) pour échouer dans le groupe Rocket Baby Dolls, ancien nom de Muse.
Dom : vers 5 ans, c'est le piano qui l'intéresse ; mais dès ses 11 ans sonnés, il se met à la batterie. Au lycée, il chante dans plusieurs groupes et fait partie des "leaders" (les bôs intelligents bien fringués) de l'établissement.
Matt enfin : né dans une famille d'artistes, il arrive dans le Devon à 10 ans où il vit avec son frère et sa grand-mère, suite au divorce de ses parents (parents qui faisaient tourner les tables régulièrement, entre autres). Son frangin Paul le force à jouer du piano devant ses copains (anecdote célèbre : il jouait le générique de Dallas à un doigt pour que son frère puisse dire avoir un robot comme congénital) et à 14 ans, Matthew se met à la guitare. Arrivé dans le même lycée que Dom et Chris, il est le petit lunetteux renfermé qui porte des chemises dépassées et qui fuit le contact. Mais en auditionnant pour une place dans le groupe de Dom, Gothic Plague, on remarque son talent et il est vite projeté au-devant de la scène, comme chanteur des Rocket.
Ce groupe, rejoint entre-temps par Chris, gagne son premier concours en se travestissant et en saccageant la scène... Mais leur première chanson composée, Twin, se joue dans des bars vides. Coureurs de jupons, drogués, ils boivent et fument dès qu'ils ne jouent plus, jusqu'au jour où il faut adopter un nom définitif et lancer leur carrière... 'Muse' est inspiré par 3 amies de Matt.
Overdue, Cave, Coma et Escape sortent en EP en 1998 ; la veille de Noël de cette même année, ils signent un contrat chez Maverick.
Edités en France par Naïve, plusieurs CDs voient le jour et il se forme peu à peu un public spécifique à Muse.
Showbiz, Origin of Symmetry, Hullabaloo et Absolution sont autant d'étapes franchies par le groupe : le style évolue, se décharge du superflu tout en cherchant à toucher le plus de gens possible. La technique vocale de Matt s’améliore, les textes passent du chaos à la folie maîtrisée et la musique s’épanouit dans tous les effets sonores que des studios avancés permettent.
Mais décrivons la musique elle-même, puisque je n'ai pas d'extrait à vous faire écouter…
Les lignes de basse sont solides, nuancées et travaillées à fond par les doigts expérimentés de Chris ; les percussions sont loin de se résumer à la batterie façon boîte à rythme, et Muse multiplie les effets. Matt fait greffer toutes sortes de gadgets pour tester de nouveaux sons sur sa guitare, il explore les mélodies de la première à la dernière note de son instrument, partant dans des solos illuminés et des envolées effrénées...
Muse joue une musique savante, harmonisée avec tact et bossée sous toutes les coutures, jouant beaucoup sur les modulations, s'amusant au gré des rythmes détournés et des mélodies aguicheuses - voire psychédéliques.
Mais que serait-ce sans la voix de Matthew ?
Elle surgit, timbre féminin aux accents de prophète - elle semble s'effacer, puis ressort, coquine, se jouant de nous. Elle avance toujours, sans trop savoir où elle va, monte et descend... Mais tout d'un coup, crescendo : elle court jusqu'à la falaise, et lorsqu'elle s'élance... c'est l'orgasme de la voix, c'est l'apocalypse, elle touche le ciel !
Puis elle volette, elle dégringole et ne se pose pas tout à fait, continuant à trottiner entre ciel et terre jusqu’au dernier fondu du moindre écho.
Et puis, elle disparaît à l'horizon. Partie.
Et tout ce temps, elle n'aura cessé de lancer ses imprécations, violemment ou sur un ton plaintif... Nous voilà prévenus : Muse est un baptême.
Showbiz (1999)
1.Sunburn
2.Muscle Museum
3.Fillip
4.Falling Down
5.Cave
6.Showbiz
7.Unintended
8.Uno
9.Sober
10.Escape
11.Overdue
12.Hate this and I’ll Love You
13.(bonus sur la version japonaise : Spiral Static) | |  |
Origin of Symmetry (2001)
1.New Born
2.Bliss
3.Space Dementia
4.Hypermusic
5.Plug in Baby
6.Citizen Erased
7.Micro Cuts
8.Screenager
9.Dark Shines
10.Feeling Good
11.Megalomania
12.(bonus sur la version japonaise : Futurism) | |  |
Hullabaloo Soundtrack Live (2002)
1.Forced In
2.Shrinking Universe
3.Recess
4.Yes Please
5.Map of your Head
6.Nature 1
7.Shine – acoustique
8.Ashamed
9.The Gallery
10.Hyper Chondriac Music
11.Dead Star
12.Micro Cuts
13.Citizen Erased
14.Showbiz
15.Megalomania
16.Dark Shines
17.Screenager
18.Space Dementia
19.In Your World
20.Muscle Museum
21.Agitated | |  |
Absolution (2003)
1.Intro
2.Apocalypse Please
3.Time is Running Out
4.Sing for Absolution
5.Stockholm Syndrome
6.Falling Away with You
7.Interlude
8.Hysteria
9.Blackout
10.Butterflies and Hurricanes
11.Endlessly
12.Thoughts of a Dying Atheist
13.TSP
14.Ruled by Secrecy | |  |
Aujourd’hui, Muse est un groupe bien intégré à la pègre internationale : les trois compères enchaînent les concerts à grand public, les festivals et les awards, et chaque tube – plusieurs par albums – dispose d’un ou plusieurs clips. Le public qui les suit est composé d’anciens fans et d’une vague de jeunes groupies acquise avec la sortie mondiale d’Absolution, à qui le groupe doit faire face en élargissant la portée de ses titres et en les rendant accessibles au plus grand nombre, les privant ainsi de cette intimité des garages de leurs débuts mais améliorant la qualité globale des chansons.
Puck |