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Les Papillons
Les Papillons, labellés Propergol, font partie de ces groupes qui fleurissent dans la campagne française avec le ‘renouveau’ de la scène chauvine.
Ils viennent de cette bonne vieille Lorraine, et ils sont quatre : Ségolène Neyroud – chant et piano -, Mathieu Loigerot – chant et contrebasse -, Sylvain Asselot – chant et guitare -, et Olivier Hermann pour le chant, l’accordéon, la guitare et le trompozoire à coulisse.
Pleins de vitalité et d’inventivité, les Papillons troquent la guitare hawaïenne pour une canette de kro et font l’agence matrimoniale pour un kazoo et un arrosoir... Sur scène, ils tiennent le public dès la première chanson : c’est déjà drôle et bien foutu. Très bons musiciens, polyvalents, ayant des voix bien typées et un jeu de scène très convaincant (c’est du théâtre, c’est de l’ârt), ils ont tout pour plaire et leurs chansons sont toutes aussi bien ficelées que captivantes. Quand c’est drôle, c’est une avalanche de jeux de mots et d’ironie bon enfant ; quand c’est triste, c’est carrément du roman russe qui vous met la larme à l’œil pour longtemps. Dit comme ça, c’est un peu banal, mais les Papillons dégagent vraiment une ambiance qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Ecouter une fois leur dernier album, c’est l’écouter dix fois et ne plus l’oublier. Aller à leurs concerts, c’est ressortir charmé et tout chambouleversé – mon dieu, oui ! Ce sont des purs, des vrais !
Car c’est sans prétention, pathétique ou grotesque qu’ils nous dépeignent la vie miséreuse d’artistes au panier percé ou d’un type râteauphile tant malchanceux en amour. Entre les ruptures, les recasages, le mauvais temps et la mort, on trouve les emmerdements mineurs des dommages collatéraux du mariage ou de la psychanalyse, mais aussi et surtout un optimiste inébranlable qui fait chaud au cœur.
Pour parler de musique... Les paroles sont powëtiques (même qu’ils citent Proust) et tout à fait efficaces : en trois mots, qui riment et qui sonnent bien, le ton est là. Ca s’enchaîne délicieusement bien, sans longueurs ni guimauve ni débordement. Les thèmes rentrent et ne sortent plus de la caboche, les instrumentalisations sont riches et variées (ce que je veux dire par là ? eh bien, que du piano et de l’accordéon, juste là, c’est judicieux, ça rend bien, ça ne répète pas de bêtes accords à l’état fondamental mais ça fouille de haut en bas la mélodie) et puis on s’emmerde pas. Il y a un début, un développement, une fin, le tout en subtilités, montées, tension-relaxation (respirez...), départs, arrêts et arabesques. Avec des ajouts pimentés de cuivres et de kazoo ou de flûte à bec , ça swing, ça tic-tac, ça berce... Pour ne rien gâcher, comme je l’ai déjà dit, les Papillons ont des ailes mais ne sont pas manchots !
« une causticité délicate et gentiment carnassière » comme dirait RadiocéRos
Si j’avais à donner une conclusion, ce serait : longue vie à cette fraîcheur décapante et puisse-t-elle se loger bien entre la vieillerie et le renouvellement bâclé de la chanson française...
Discographie :
Les Papillons (2001) : EP
Au bout du siphon (2003) :
1. L’oreille au Mur
2. Camille dans son Bain
3. La Débine
4. Tatie
5. Un beau Brin d’Fille
6. Les Poètes Professionnels
7. Le Bec dans l’Eau
8. Camille sous la Douche
9. Robert le Matou
10. La Fourchette
11. Le Bourdon
12. La Confirmation
13. La Flèche du Temps | |  |
Le Secret des Oreillers (2005) : élu album de l’année à Propergol ^^
1. Dans nos Lits
2. Les Requins
3. Le Râteau
4. Le Psy
5. Tout gris
6. La Lettre
7. La Guillotine
8. Sous les Draps
9. La Marmotte
10. Le Rendez-vous
11. Le Lièvre et la Tortue
12. Le Moniteur
13. Pâm!
14. Toutes les Nuits | |  |
Oh, et j’oubliais : les illustrations des disques sont signées Sandra Poirot-Cherif et sont de petites merveilles qui définissent assez précisément l’univers du groupe.
Puck |